Quinze morts dans un parc aquatique de Taïwan: prison pour l'organisateur de la fête

L'organisateur de la fête qui avait viré au drame l'an dernier dans un parc aquatique taïwanais a été condamné mardi à 4 ans et 10 mois de prison. Un incendie avait piégé les noctambules transformés en torches humaines. La tragédie avait fait 15 morts et plus de 500 blessés.
26 avr. 2016, 09:39
/ Màj. le 26 avr. 2016 à 11:25
Le drame avait fait 15 morts et plus de 500 blessés.

La justice taïwanaise a condamné mardi à près de quatre ans et dix mois de prison pour négligence l'organisateur d'une fête dans un parc de loisirs taïwanais, endeuillée par un gigantesque incendie l'an dernier. Le drame avait fait quinze morts.

Ils étaient un millier ce soir du samedi 28 juin, en bikini et maillot de bain, dansant sous les rampes de lumière et les projections de poudre colorante dans le parc de jeux d'eau Formosa Fun Coast à New Taipei City, commune formant une couronne autour de la capitale Taipei.

La poudre produite à partir de farine de maïs s'était soudain enflammée à cause de la chaleur des spots, transformant la salle en brasier et les noctambules en torches humaines. Cinq cents personnes avaient été blessées, et quinze ont depuis succombé.

L'organisateur de la soirée, Lu Chung-chi, responsable de "Color Play Asia" a été reconnu coupable mardi de "négligence ayant entraîné la mort" par le tribunal du district de Shihlin, à Taipei. "L'explosion est survenue par la faute de la négligence du prévenu", a indiqué le tribunal dans un communiqué.

Colère des familles

L'enquête avait suscité la colère des familles de victimes qui avaient déploré que M. Lu soit la seule personne renvoyée en procès, alors qu'un non lieu avait été décidé contre huit autres personnes, parmi lesquelles le président du parc de loisirs.

Mardi, certaines ont déploré la clémence du tribunal, l'infraction de négligence étant passible de dix ans de prison. "Au moins la culpabilité a été prononcée, mais ce n'est pas suffisant. Quatre ans et dix mois, c'est trop peu", a regretté Julie Wang, porte-parole d'une association de victimes dont le fils de 21 ans a été brûlé à 55%.

Le bureau du procureur a indiqué à l'AFP qu'il avait demandé la réouverture de l'enquête contre les huit personnes ayant bénéficié d'un non lieu.

Des médecins avaient jugé cette tragédie inédite à Taïwan, du fait du nombre et de la gravité des brûlures. Submergés, les services des grands brûlés avaient fait appel à des spécialistes japonais et fait venir de la peau de l'étranger pour réaliser des greffes.

L'enquête avait montré que les zones les plus chaudes des spots dépassaient les 1000 degrés alors que le point d'auto-inflammation de la poudre est de 500 degrés.