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Sarkozy et Hollande à la cérémonie d'hommage aux victimes à Paris

Quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées dans une fusillade lundi matin devant un collège juif de Toulouse. L'auteur des coups de feu a pu prendre la fuite.
05 août 2015, 16:05
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La fusillade a fait quatre morts et un blessé.

Un homme au guidon d'une moto ou d'un scooter de forte cylindrée "a tiré sur des enfants et des adultes", a déclaré le procureur de la République Michel Valet. Il a tué un professeur d'hébreu de 30 ans, ses deux enfants de trois et six ans et un autre enfant de dix ans. Un adolescent de 17 ans a été grièvement blessé.

La fusillade s'est déroulée à l'école confessionnelle Ozar Hatorah, où sont scolarisés environ 200 enfants, vers 8 heures, au moment où les élèves arrivaient dans l'établissement. «Les enfants ont été poursuivi dans l'école pour les achever», a ajouté le procureur.

La plaque du scooter du meurtrier a été filmée
 
Les enquêteurs ont identifié la plaque d'immatriculation du scooter utilisé par le tueur de la fusillade de l'école juive de Toulouse grâce à des images de videosurveillance.

Ils ont pu ensuite constater que le deux-roues avait été acheté en mai dernier, ce qui devrait permettre de faire progresser l'enquête. "On sait maintenant que le scooter a été acheté en mai dernier".


"Quelque chose d'irréel"

La présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France dans la région Midi-Pyrénées, Nicole Yardeni, a indiqué avoir pu visionner les images de la tuerie capturées par une caméra de vidéosurveillance. Elle les a vu avant qu'elles ne soient placées sous scellés.

C'est "quelque chose d'irréel", a-t-elle raconté. "On voit un homme qui court après des enfants, qui en attrape et qui met une balle dans la tête à un enfant de huit ans".

Arme identique

Un examen balistique a établi lundi que la même arme de calibre 11.43 avait été utilisée lors de deux précédentes fusillades: les meurtres de deux militaires jeudi dernier à Montauban et d'un autre soldat le 12 mars à Toulouse. Une deuxième arme de calibre 9 mm a été utilisée dans l'attaque contre l'école lundi.

Lors du premier meurtre de Toulouse, la victime a été attirée dans un piège avec un rendez-vous pour la vente d'une moto. A Montauban, l'assassin a ouvert le feu sur un groupe de militaires regroupés autour d'un distributeur de billets

Plus de 200 enquêteurs sont mobilisés pour tenter de retrouver l'auteur de la tueri. Dans la matinée, les enquêtes sur les trois faits ont été regroupées sous la conduite de la section antiterroriste du parquet de Paris.

Les enquêteurs devraient explorer, parmi d'autres pistes, l'affaire de trois soldats du 17e régiment de génie parachutiste de Montauban auquel appartenaient deux des trois militaires assassinés, renvoyés de l'armée pour activités néo-nazies.

«Je lui ai fait du bouche à bouche»

Un élève du collège juif sur les lieux au moment des faits s'est confié à sud-ouest, le quotidien régional. « Il faut être fou pour faire ça», témoigne-t-il, encore sous le choc. «Avec un ami, on a récupéré le corps d’un élève pour le mettre en sécurité à l’intérieur du bâtiment. L’an dernier j’ai passé mon diplôme de secouriste à l’école alors je lui ai fait du bouche à bouche et un massage cardiaque. Son pouls a repris. Il était vivant, les pompiers sont arrivés. Un peu plus tard, j'ai appris que l’enfant était parti (mort) ».

Sarkozy et Hollande sur place

«C'est une tragédie épouvantable (...) C'est l'ensemble de la République française qui est touchée par ce drame abominable», a réagi Nicolas Sarkozy. Le président de la République devait se rendre sur place en fin de matinée, en compagnie du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Richard Prasquier.

Les ministres de l'Intérieur Claude Guéant et de l'Education Luc Chatel, ainsi que le candidat socialiste à l'élection présidentielle François Hollande devaient aussi se rendre à Toulouse. «Cet acte, dont le caractère antisémite est aussi évident qu'abject, frappe des familles dans ce qu'elles ont de plus cher, leurs enfants, et endeuille toute la Nation», a dit M. Hollande.

La candidate du Front national Marine Le Pen a présenté ses condoléances aux familles des victimes.

La communauté juive sous le choc

Le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim est également en route pour Toulouse, a annoncé le Consistoire. «Je suis bouleversé», a déclaré son porte-parole, Moshe Lewin. «La communauté juive est sous le choc, elle ne réalise pas encore. Toute la communauté juive est en deuil.»

L'Union des étudiants juifs de France s'est dite «choquée et consternée». Elle souligne que «pour la première fois depuis plus de 50 ans, on assiste au meurtre d'enfants juifs». La France compte de 500'000 à 700'000 juifs, la plus importante communauté d'Europe occidentale.

A Jérusalem, le ministère israélien des Affaires étrangères a fait part de son émotion. «Nous sommes grandement choqués par les informations venant de Toulouse et nous faisons confiance aux autorités françaises pour résoudre ce crime et traduire les responsables en justice».