Un an après, les indignés réinvestissent les rues espagnoles

Le mouvement était né en Espagne pour dénoncer la crise. Les indignés espagnols reprennent la rue ce samedi.
06 août 2015, 09:23
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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A l'occasion de leur premier anniversaire, les indignés veulent reprendre la rue samedi et contredire ainsi ceux qui prétendent qu'ils ont disparu. Le mouvement était né en Espagne pour dénoncer la crise, la corruption et le chômage.

A Madrid, les indignés prévoient de converger samedi soir, en plusieurs colonnes venues des quatre coins de la ville, vers la Puerta del Sol, un retour symbolique sur cette place qui fut le lieu de naissance de leur mouvement, le 15 mai 2011.

Sous les slogans "Prends la rue", "Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers", des manifestations sont convoquées dans environ 80 villes du pays, dont Barcelone.

A Madrid, les manifestants prévoient de poursuivre la mobilisation en organisant des assemblées thématiques jusqu'à mardi, dont une "permanente" sur la Puerta del Sol. C'est sur cette place que s'était installé, il y a un an, le campement des indignés, avant de faire des émules dans le monde entier.

Ras-le-bol

Pendant un mois, cet amas de tentes et de bâches était devenu le symbole d'un ras-le-bol qui avait surpris un pays où, malgré la crise, le mécontentement s'était jusque là peu exprimé.

Cette année, les autorités ont autorisé des rassemblements temporaires sur la place du 12 au 15 mai. Mais certains pourraient décider d'y camper, défiant l'interdiction officielle prévoyant que les manifestations devront prendre fin chaque soir à 22h00.

Reste l'incertitude sur l'ampleur que prendra la mobilisation, au moment où le chômage frappe un actif sur quatre (24,4%) et alors que le gouvernement conservateur met en oeuvre une politique d'austérité sans précédent.

Un terrain fertile, a priori, pour que l'anniversaire du mouvement soit un succès. Mais à la différence d'il y a un an, les rues d'Espagne vibrent désormais presque chaque semaine au rythme des manifestations convoquées par les syndicats contre la rigueur.

Mouvement "dilué"

Les indignés pourraient être noyés dans ce flot de mobilisations, d'autant qu'un an après leur naissance, ils ont largement perdu en visibilité.

Refusant de se constituer en parti, ils n'ont pas su "structurer un mécontentement sans idéologie concrète", analyse Antonio Alaminos, professeur de sociologie à l'Université d'Alicante.

"Le mouvement est toujours là, mais il n'est plus dans la rue: il est sur l'Internet, sur les réseaux sociaux", explique Noelia Moreno, une chômeuse de 30 ans qui a participé au campement l'an dernier. "Faute d'avoir une tête visible, il s'est dilué aux yeux de l'opinion publique et des médias", admet-elle.