Un imam tué à Bruxelles dans l'incendie criminel de sa mosquée

Un homme a mis le feu lundi soir à une mosquée chiite de Bruxelles, tuant l'imam, blessant une autre personne et détruisant en grande partie l'édifice religieux. Cet acte pourrait être lié à des conflits entre courants religieux de la communauté musulmane.
05 août 2015, 15:54
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Le bâtiment visé est la plus importante mosquée chiite de la ville, parmi les quatre que compte la région de Bruxelles. Appelée mosquée "Rida", elle est située dans le quartier d'Anderlecht à forte population immigrée, et musulmane en particulier.

Au moins un homme, armé d'une hache et d'un couteau, est entré dans l'édifice et y a répandu de l'essence avec des "accélérants" pour propager l'incendie, a précisé le substitut du procureur, Jean-Marc Meilleur. Le feu s'est rapidement propagé et a ravagé une grande partie du bâtiment.

Suspect pris au piège

L'imam de la mosquée, âgé de 46 ans et père de quatre enfants selon des fidèles, a péri intoxiqué par la fumée dégagée, en tentant de s'échapper du bâtiment, ont indiqué des témoins. Un autre responsable de la mosquée a réussi in extremis à sortir. Il a été légèrement blessé par l'inhalation de la fumée.

Le responsable de l'incendie criminel a été interpellé sur les lieux par la police. Il a été enfermé à l'intérieur de la mosquée par des fidèles alors qu'il tentait de s'échapper. La police a précisé qu'il n'y avait qu'un seul suspect à l'heure actuelle.

Salafistes pointés du doigt

Un responsable chiite, Azzedine Laghmich, travaillant dans la mosquée, a affirmé que les slogans criés par l'agresseur, liés au conflit en cours en Syrie, pointaient en direction du mouvement salafiste anti-chiite.

Selon ce responsable, la mosquée visée avait reçu par le passé des lettres de menace de sunnites, liées notamment au conflit en Irak. Il a mis en cause "le discours haineux prêché dans certaines mosquées" salafistes de la ville.

La communauté sunnite est largement majoritaire à Bruxelles, tandis que les chiites ne représentent qu'une infime partie des musulmans dans la capitale belge.