Une journaliste violentée va porter plainte

Une journaliste de la chaîne France 3, frappée et agressée sexuellement jeudi par des hommes en civil en marge de manifestations au Caire, est rentrée à Paris samedi et va porter plainte, a-t-on appris de sources concordantes.
03 août 2015, 20:16
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Selon son mari, lui-même journaliste à France 3, elle devait se rendre dans l'après-midi à l'institut médico-légal de Paris pour des examens, avant de déposer plainte pour les violences dont elle a été victime en Egypte.

A sa descente de l'avion, la journaliste a reçu un appel téléphonique du président français Nicolas Sarkozy qui s'est entretenu avec elle "assez longuement", a indiqué à l'AFP son époux.

L'Elysée a confirmé cet entretien téléphonique entre Mme Sinz et M. Sarkozy, sans donner davantage de détails.

Avant son retour, la journaliste avait expliqué à l'AFP que son cameraman et elle-même avaient commencé à être pris à partie jeudi dans une rue menant de la place Tahrir au ministère de l'Intérieur, où ont eu lieu des heurts violents entre manifestants et forces de l'ordre.

"Nous étions en train de filmer dans la rue Mohamed Mahmoud quand nous avons été assaillis par des jeunes de quatorze ou quinze ans", a-t-elle raconté, en faisant état "d'attouchements".

Vêtements arrachés

La journaliste et son cameraman ont ensuite été entraînés "manu militari" par un groupe d'hommes vers la place Tahrir et se sont retrouvés séparés.

"Nous avons alors été agressés par une foule d'hommes. J'ai été tabassée par une meute de jeunes et d'adultes qui ont arraché mes vêtements" et qui ont procédé à des attouchements répondant "à la définition du viol", avait-elle poursuivi.

Après trois-quarts d'heure, elle avait finalement été secourue par des Egyptiens présents sur les lieux.

Cette agression, et celles de deux autres femmes journalistes en Egypte, a été vivement condamnée par le gouvernement français, les médias et des associations de défense de la presse.