Les villes suisses lancent une action pour protéger les jeunes Roms

L'Union des villes suisses estime qu'une action coordonnée doit être menée par les autorités au niveau national pour mieux protéger les enfants et les jeunes Roms qui mendient dans les rues ou commettent des délits, car ils sont d'abord des victimes.
05 août 2015, 16:09
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
rom

Les villes suisses ont présenté ce mardi à Berne un plan d'action élaboré en collaboration avec l'Office fédéral de la police et la Ville de Berne. Il se base sur le constat suivant: il arrive régulièrement que des enfants et des jeunes mendient ou jouent de la musique dans les rues des villes suisses.

Parfois, ils commettent aussi des vols. La plupart du temps, il s'agit de Roms. Ces mineurs ne viennent en général pas librement en Suisse, mais y sont emmenés de force par des trafiquants d'êtres humains qui se servent d'eux pour gagner de l'argent.

Lorsqu'ils sont arrêtés, les autorités ont les mains liées. L'arrestation est certes possible, mais les prévenus mineurs doivent, le plus souvent, être libérés sans conditions et sans conséquences pénales, précisément en raison de leur âge.

Il ne s'agit pas d'établir de nouvelles structures, potentiellement chères, mais de définir un processus pour traiter le problème de manière appropriée. L'idée de base est de ne plus considérer les mineurs, mendiants ou délinquants, en premier lieu comme des délinquants, mais comme des victimes, en l'occurrence de traite des êtres humains.

Il faut donc protéger ces enfants et ces jeunes des personnes qui les manipulent. Les mesures policières et les mesures prévues par le droit des étrangers ne suffisent pas. L'objectif est aussi d'organiser le retour volontaire de ces mineurs dans leur pays d'origine et de les réintégrer dans leur société.

Dans un «travail pionnier», la Ville de Berne estime le coût forfaitaire journalier dans son centre d'accueil à 500 francs environ par mineur pris en charge, sans d'éventuels frais pour la sécurité. A cela s'ajoutent les coûts pour le retour dans le pays d'origine.

Les mineurs en question sont souvent originaires de Roumanie, Bulgarie, Serbie, du Kosovo ou de Macédoine. Les bases à partir desquelles ils sont envoyés en «tours de mendicité» ou "«tours de brigandage», sont fréquemment des camps de Roms en France (Alsace), Autriche (Voralberg) ou en Italie (Lombardie).

En Suisse, les autorités genevoises et lausannoises ont pris des mesures pour éviter la formation de camps.