Moscou suspecte la Suisse d'être utilisée pour détourner l'embargo

La Russie suspecte la Suisse d'être utilisée pour contourner l'embargo russe sur les produits alimentaires de l'Union européenne.
07 août 2015, 14:29
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Pour une raison inconnue les fruits et légumes ont plus d'effets bénéfiques sur la santé des femmes que sur celle des hommes.

Moscou veut s'assurer que la Suisse ne sert pas à contourner l'embargo russe sur les produits alimentaires de l'Union européenne (UE). Elle souhaite obtenir des données chiffrées sur les exportations helvétiques vers la Russie. Pour les producteurs de fruits et légumes suisses, exporter des produits européens en passant par la Suisse serait un non-sens.

Les autorités russes de surveillance des produits agricoles ont contacté l'ambassade de Suisse à Moscou le 25 novembre, a indiqué mercredi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Le DFAE précise avoir transmis ces demandes aux services compétents.

Selon la RTS, la Confédération aurait dix jours pour répondre, faute de quoi la Russie pourrait interdire temporairement l'importation de fruits et légumes de Suisse en Russie. Le DFAE n'a pas confirmé cette information.

Moscou soupçonnerait que la Suisse soit utilisée par l'UE pour vendre ses fruits et légumes à la Russie, détournant ainsi l'embargo sur ces produits décrété par le Kremlin en représailles aux sanctions européennes.

"La Suisse est juste devenue concurrentielle"

Marc Wermelinger, directeur de l'Association suisse des commerçants de fruits et légumes (Swisscofel), reconnaît que les exportations suisses vers la Russie ont fortement augmenté cette année. D'au moins trois fois, "mais ça pourrait même être dix fois plus". Il les estime à environ 1000 tonnes entre août et fin octobre, ce qui correspond à un tiers des exportations helvétiques totales.

"Il faut comprendre que la Russie cherche partout des fruits et légumes", explique-t-il. "Jusqu'ici, la Suisse n'était pas concurrentielle par rapport à l'UE, qui a un accord de libre-échange avec Moscou. Les droits de douane frappant les produits helvétiques atteignent en effet entre 20 et 40% de la valeur du produit". Mais depuis l'embargo décrété par la Russie, les fruits et légumes suisses ont leur chance.

Réexporter des produits européens: un non-sens

Quant à utiliser la Suisse pour exporter des produits européens vers le marché russe, M. Wermelinger n'y croit pas une seconde: "Importer des produits européens en Suisse en payant des taxe de douane élevées, puis les réexporter en faisant une déclaration frauduleuse, et repayer des taxes salées en entrant en Russie" n'aurait pas de sens économiquement.

L'exportateur suisse qui fraude risque en outre de perdre son droit d'importation et d'exportation, en plus d'une amende salée.