Nouvelles oreilles de la SUISA dans les discothèques

La SUISA veut connaître précisément le menu musical des discothèques.
03 août 2015, 22:14
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
boite

La coopérative des auteurs et éditeurs de musique a placé des boîtiers enregistreurs dans près de 40 établissements. Le but n'est pas d'augmenter les tarifs, mais de mieux redistribuer les droits perçus.

"Nous sommes en phase d'installation", a expliqué à l'ats Vincent Salvadé, directeur général adjoint de la SUISA. Confirmant une information diffusée lundi par la Radio suisse romande, il a précisé que d'ici quelques mois, 50 discothèques ou boîtes de nuit seront équipées de tels boîtiers.

Ceux-ci ont été mis au point par une société française. Ils fonctionnent sur le principe similaire à celui des radios transmettant des informations sur leur programme en cours, lisibles sur les auto-radios par exemple.

Dans le cas des boîtiers, les données sont envoyées automatiquement par internet à Paris, dans les bureaux de la Sacem qui en France gère les droits d'auteurs d'oeuvres musicales. Ce dispositif n'est utilisé que pour la musique enregistrée et donc pas pour la musique jouée en direct par des interprètes.

500 discothèques

"La société française nous garantit un taux de reconnaissance de 95% des titres diffusés", a expliqué M. Salvadé, contacté par l'ats. "Une bonne partie d'entre eux est reconnue automatiquement grâce aux données transmises. Une équipe de musiciens tente de reconnaître le reste".

La Suisse compte quelque 500 discothèques et autres établissements similaires. "Nous avons mandaté deux professeurs de l'Université de Zurich pour établir un échantillon représentatif", a dit M. Salvadé. "Cet échantillon tient compte notamment de la musique proposée: techno, rock ou danses de salon".

Forfait inchangé

Les discothèques paient actuellement à la SUISA un forfait calculé sur leur chiffre d'affaires. Il est en moyenne de 10'000 francs par an. Le tarif est fonction du nombre de personnes présentes chaque soir, du prix d'entrée et du prix des boissons. Cette tarification valable depuis 2006 a été prolongée pour 2012. Des discussions sont en cours pour 2013.

"L'utilisation de ce boîtier ne détermine pas le tarif", souligne M. Salvadé. "Il va permettre de nous faire une idée plus précise des artistes diffusés et de répartir de façon plus juste le forfait perçu aux ayant-droits. Certaines discothèques redoutent toutefois ce type de contrôle.

Fondée en 1923, la SUISA compte 30'000 membres établis en Suisse et au Liechtenstein. Elle réalise un chiffre d'affaires de près de 150 millions de francs par an et compte 200 collaborateurs répartis à Lausanne, Zurich et Lugano.